Terminales géopolitiques
Thème 2 – Faire la guerre, faire la paix :
formes de conflits et modes de résolution
vendredi 12 décembre 2025
Étude conclusive | Le Moyen-Orient : conflits régionaux et tentatives de paix impliquant des acteurs internationaux (étatiques et non étatiques).
Introduction : le Moyen-Orient, quelles limites, quelles caractéristiques, pourquoi est-ce un foyer de conflits ?
❑ Moyen-Orient : une expression américaine. Pour l’Europe, c’est le Proche-Orient.
- Il inclut les rivages de la Méditerranée orientale (le Levant ou Proche-Orient), la Mésopotamie (Irak) et la péninsule arabique ainsi que l’Iran (Perse), et aussi la Turquie.
- Une région principalement musulmane, qui contient les lieux saints de l’Islam (La Mecque et Médine en Arabie Saoudite, et Jérusalem). De plus, les musulmans sont divisés entre sunnites (la majorité des pays arabes et la Turquie) et chiites (l’Iran, des minorités au Liban et en Syrie – une majorité en Irak –, ainsi qu’au Yémen et à Bahrein). Au Liban existe une minorité chrétienne importante (maronite), une autre en Égypte (coptes), et des minorités chrétiennes numériquement plus faibles dans la plupart des pays.
❑ Pourquoi des conflits ?
- Pour des motifs religieux ? En fait, les conflits ont une dimension religieuse, mais il ne s’agit pas de guerres de religion. Les affects religieux sont mobilisés pour d’autres motifs, qui sont politiques et géopolitiques (à l’époque de l’Empire ottoman, la coexistence des différentes confessions, malgré des tensions, se faisait sans difficultés insurmontables sous prépondérance islamique).
- Pour le pétrole ? C’est un élément qui compte, mais qu’il ne faut pas surestimer. Les E-U sont devenus, depuis le Onze-septembre, exportateurs nets d’énergie. Ils n’ont plus besoin autant qu’avant du pétrole du MO. En fait, l’intérêt des E-U pour le MO a d’abord été fondé sur la géopolitique : Truman (pdt de 1945 à 1953) indique dans des Mémoires qu’il a été sensible à la situation du MO à l’intersection de trois continents (Afrique, Europe et Asie). Il avait aussi lu l’histoire de l’empire d’Alexandre. Dans l’opinion américaine, la culture biblique a aussi joué (avec une explication de l’alliance américano-israélienne).
- un élément important : l’absence de puissance régionale indiscutable depuis la fin de l’Empire ottoman en 1918. On a depuis lors des rivalités, qui ont été compliquées par l’intervention de puissances extérieures (F et GB entre les 2 GM, E-U et URSS pendant la GF, E-U seuls depuis la fin de la GF). La création d’Israël a encore compliqué les choses. Une chose est sûre, aucun des candidats possibles à l’hégémonie régionale n’est en mesure d’y parvenir (Iran, Turquie, Israël, et à certains moments l’Égypte, l’Irak). L’Arabie Saoudite non plus : elle est riche, puissante par le pétrole, mais représente un islam minoritaire, wahabite. Sa monarchie absolue reste un repoussoir pour bcp d’Arabes. L’Irak de Saddam Hussein (1975-2003) a essayé de jouer ce rôle, jusqu’à l’intervention anglo-américaine.
Un char israélien Merkava à Gaza en octobre 2023. À la suite des massacres du 7 octobre, Israël réagit, comme il était prévisible, par la manière forte. C'est une situation d'escalade, où Israël l'emporte militairement à l'échelle locale, mais où le Hamas gagne des points à l'échelle mondiale : la protestation contre le « génocide » à Gaza mobilise les foules, de l'Europe aux universités américaines. Par ailleurs, plusieurs États européens, dont la France, ont reconnu l'État de Palestine, ce qui là encore est un revers pour Israël. Les États-Unis ont soutenu sans faille l'effort militaire israélien, jusqu'à mener une opération conjointe contre les installations nucléaires de l'Iran. Donald Trump, ayant permis à Israël de vaincre l'Iran, le Hezbollah libanais et le Hamas, a pu imposer son plan de paix à Benyamin Netanyahou. L'armistice tient pour l'instant, mais le succès du plan Trump n'est pas encore acquis.
A. Du conflit israélo-arabe au conflit israélo-palestinien : les tentatives de résolution, de la création de l’État d’Israël à nos jours
➪ Entrée en matière : un article de la Neue Zürcher Zeitung sur l'ouverture partielle par Israël du poste frontière de Rafah entre le territoire de Gaza et l'Égypte (4 décembre 2025). Qu'est-ce que cet article nous apprend sur le conflit israélo-palestinien aux échelles régionale et mondiale ?
Deux premiers ministres d'Israël, tous deux travaillistes : à gauche, David Ben Gourion, fondateur de l'État hébreu en 1948 et chef du gouvernement jusqu'en 1954. A droite, Golda Meir qui dirige le gouvernement de 1968 à 1974. Habilement, Ben Gourion n'a pas donné d'ordre d'expulsion des Palestiniens lors de la victoire dans la guerre de 1948, ce qui permettait de dire qu'ils étaient partis d'eux-mêmes. La plupart des historiens israéliens admettent qu'il a laissé faire les chefs militaires, l'enjeu étant l'existence d'Israël. Golda Meir, que l'on voit ici avec les enfants d'une ferme collective ou kibboutz, contestait l'existence du peuple palestinien et à plus forte raison l'idée d'un État palestinien. Jusqu'en 1967 et après encore, les dirigeant d'Israël envisageaient la fusion des Palestiniens dans les États arabes voisins, ce qui était une manière de régler la question. Golda Meir, très populaire dans son pays, fut contrainte de démissionner après la guerre du Kippour qu'elle n'avait pas vu venir.
❑ Le point de vue de l'historien israélien Ilan Greilsamer sur l'historiographie de la naissance d'Israël : comment les historiens israéliens décrivent-ils les événements de 1948 ? »
❑ 1948 : la création de l’État d’Israël. C’est l’aboutissement du mvt sioniste, né en Europe orientale à la fin du XIXe siècle. Le sionisme (= retour à Sion, à Jérusalem) s’inspire des nationalismes européens. Pendant la 1re GM, le gvt britannique publie la déclaration Balfour (1917), un texte qui promet la création d’un « foyer national juif » en Palestine ap. la guerre (le texte anglais parle d’un « home »). Ce foyer, le « Yichouv », croît ds l’entre-deux -guerres (⇒ tensions croissantes avec les Arabes). Fait décisif : les persécutions nazies et le génocide, d'où un afflux de plusieurs centaines de milliers de juifs d’Europe en Palestine, ce qui permet à David Ben Gourion de proclamer l’État d’Israël. Le plan de partage prévu par l’ONU en 1947 n’est pas appliqué en raison de la 1re guerre israélo-arabe. L’État hébreu est aussitôt attaqué par les États arabes voisins menés par l’Égypte. Or, c’est Israël qui gagne. L’État arabe de Palestine n’est pas créé.
❑ Pour les Palestiniens, c’est la « catastrophe » (naqbah). Les Israéliens ont forcé les civils palestiniens à fuir, avec des actes d’intimidation allant jusqu’à des massacres. Si les Arabes avaient gagné, ils projetaient de « rejeter les juifs à la mer » (ou de les supprimer). C’est l’historiographie israélienne qui a établi les crimes de guerre en marge de la guerre d’indépendance. ⇒ Les Palestiniens se réfugient ds les territoires qui restent hors d’Israël, la Cisjordanie et Gaza. Certains s’établissent en Jordanie, où ils deviennent plus nombreux que les Jordaniens.
mercredi 17 décembre 2025
➣ Devoir № 4. Dissertation : « Négocier la paix d'Abel Servien à Kofi Annan ». Voir le corrigé.
vendredi 18 décembre 2025
Les guerres israélo-arabes (1948-1973)
❑ Les États arabes, menés par l’Égypte, tentent de résoudre la question palestinienne par des moyens militaires. Vaincre Israël, et ipso facto le rayer de la carte.
⇒ une situation stratégique différenciée : les Arabes ont l’avantage du nombre, ils peuvent attaquer Israël de toute part, et aucune défaite ne peut leur être fatale. Les Israéliens n’ont pas le droit à l’erreur : une seule défaite ds une guerre signifierait la fin de l’État juif.
- 1948 : victoire inattendue d’Israël ( donc pas d’État arabe);
- 1956 : Israël, la F et la GB attaquent l’Égypte (crise de Suez), dirigée par Nasser depuis 1952. Nasser est un nationaliste, dont la politique est le panarabisme. L’offensive sur Suez est un succès, mais les alliés doivent se retirer en raison d’une condamnation par les E-U et l’URSS.
- Juin 1967 : la guerre des Six jours. Les Arabes s’apprêtaient à attaquer Israël. Nasser a formé avec la Syrie et l’Irak la République arabe unie (RAU), équipée par l’URSS. Israël détecte les préparatifs et lance une attaque préventive dévastatrice. Israël conquiert les territoires palestiniens de Jérusalem-Est, Cisjordanie et Gaza ; également le Sinaï et le plateau du Golan. Israël devient donc une puissance occupante. De Gaulle interrompt la coopération militaire avec Israël. Les E-U prennent le relais de la F.
Les derniers moments d'un MiG-21 (de fabrication soviétique) égyptien en 1967 vus par la caméra d'un Mirage III (de fabrication française) de Tsahal (l'armée d'Israël). En fait, la plupart des avions égyptiens et syriens furent détruits au sol. A droite : une carte de la BBC, montrant l'étendue des conquêtes israéliennes à l'issue de la guerre des Six Jours. Tous les territoires palestiniens étaient désormais occupés.
- Octobre 1973 : la guerre du Kippour. Sadate, successeur de Nasser, tjs armé par l’URSS, rompt avec celle-ci pour montrer son indépendance, puis lance une nouvelle attaque coordonnée avec ses alliés arabes. L’effet de surprise met Israël en difficulté ⇒ les E-U soutiennent vigoureusement Israël, le réarment (pont aérien) et mettent en alerts leurs forces atomiques pour dissuader l’URSS d’aider les Arabes.
Israël repoussent les Arabes, mais Washington (Nixon et Kissinger) l’empêche d’exploiter sa victoire.
⇒ l’Égypte voit qu’il n’y a pas de solution militaire. Sadate se rapproche alors des Américains et fait la paix avec Israël (accords de Camp David, 1978, avec Jimmy Carter et Menahem Begin). Une paix qui a tenu.
Le 19 novembre 1977 au soir, Anouar el-Sadate, président («raïs») de l'Égypte arrive à Tel Aviv. Il serre la main de Menahem Begin, Premier ministre d'Israël. Sadate tire ainsi les leçons de la guerre du Kippour, dernière tentative de l'Égypte pour résoudre militairement le conflit israélo-arabe. Cette visite aboutit aux accords de paix de Camp David (17 septembre 1978) conclus sous l'égide du président américain Jimmy Carter. Israël y gagne la sécurité sur son flanc sud et la rupture du front uni des pays arabes. Sadate obtient la rétrocession du Sinaï conquis par Israël en 1967 et l'aide économique et militaire des États-Unis. Le président égyptien paie le prix de son audace : ses anciens alliés arabes lui reprochent cette paix séparée comme une trahison. Même à l'intérieur de l'Égypte, la colère gronde : le 6 octobre 1981, Sadate est abattu par des militaires égyptiens islamistes.
Pourtant, cette paix a tenu. Depuis 1978, d'autres États arabes ont fait la paix avec Israël et, comme l'Égypte, noué des relations diplomatiques avec l'État hébreu. La Jordanie a fait la paix avec Israël en 1994 ; en décembre 2020, par les accords d'Abraham, soutenus par l'administration Trump, le Maroc, les Émirats Arabes Unis, mais aussi Bahreïn et le Soudan, ont à leur tour emboîté le pas. L'objectif d'Israël est d'être reconnu par ses voisins du Moyen-Orient, et plus largement du monde arabe, comme un État légitime. L'Arabie Saoudite n'est pas allée jusqu'à établir des relations diplomatiques avec Israël, mais elle apprécie l'aide technologique que lui apporte ce dernier dans la guerre contre les rebelles houthis du Yémen, des chiites soutenus par l'Iran. Le processus de paix israélo-palestinien a échoué, mais la diplomatie israélo-arabe a progressé. C'est cette évolution que le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007 a essayé de remettre en cause à travers les massacres du 7 octobre 2023.
➪ VOIR : l'émission d'Alexandre Adler, Histoire de comprendre, «1977 : Sadate en Israël» [13 minutes].
ÉCOUTER : le point de vue de l'historien Henry Laurens, professeur au Collège de France. Une série de trois émissions du podcast Storiavoce : épisode 1 : « De la question juive à l'État d'Israël », épisode 2 : « L'émergence de la question palestinienne » et épisode 3 : « L'échec du processus de paix ». Chaque épisode dure environ 55 minutes.
Carte d'Israël sur le site du Ministère des Affaires étrangères.
Carte des territoires palestiniens sur le site du Ministère des Affaires étrangères.
lundi 5 janvier 2026
La révolution islamique d’Iran (1979) : l’islamisme au pouvoir.
❑ L’Iran était, avec le shah, le gendarme du Golfe pour le compte des E-U. Le shah avait été porté au pouvoir par la CIA en 1953, en renversant le Premier ministre Mossadegh. Facteur stratégique : l’Iran est situé entre le Golfe et à l’époque l’URSS.
- le shah modernisait le pays, mais sans tenir compte des aspirations de la société ;
- le clergé chiite fédère l’opposition et déclenche la rév°. Son chef, l’ayatollah Khomeiny, en exil en France, revient en Iran d’où le shah a dû fuir.
⇒ succès de la rév°, suivie de la prise d’otages du personnel de l’ambassade américaine à Téhéran (1979-1981). La rév° islamique combine aspects religieux (régime théocratique) et le nationalisme.
❑ L’Iran devient l’ennemi juré d’Israël : l’antisionisme lui permet de prétendre à un leadership ds le PMO musulman (mais arabe et sunnite). L’Iran soutient le Hezbollah (parti d’Allah), un parti et une milice chiite au Liban (donc au nord d’Israël), à partir de 1982. En 2006, l’Iran apporte aussi son soutien au Hamas palestinien à Gaza. La même année, le Hezbollah inflige un revers à Israël, grâce au soutien iranien.
❑ 1980-1988 : la guerre Iran-Irak fait rage. L’Irak de Saddam Hussein attaque l’Iran pour lui prendre des régions pétrolières. Les grandes puissances se répartissent les rôles : F et URSS arment l’Irak, l’Iran utilise du matériel américain (avec des pièces de rechange livrées en contrebande par Israël), Suisse, Allemagne et Chine arment les deux camps. La guerre se termine en 1988 sur un match nul, et le retour à la paix peut passer pour un succès de l’ONU. Les deux belligérants étaient ruinés.
Le conflit israélo-palestinien
- 1964 : naissance de l’OLP (Yasser Arafat, jusqu’en 2004).
- après 1978, l’OLP ne peut plus compter sur l’Égypte.
- la voie du terrorisme semblait sans issue (1972 : attentat des JO de Munich).
⇒ une autre tactique, celle du soulèvement (Intifada) à la fin des années 1980.
Israël est désormais ds la position de l’occupant, la sympathie de l’opinion publique va (plus souvent) aux Palestiniens-victimes (Renaud fait une chanson sur l’Intifada).
❑ Le processus de paix :
- conjoncture = la fin de la GF.
- des négociations en Espagne, avec la participation du diplomate norvégien Jörgen Holst (d’où les accords d’Oslo à la fin de la négociation).
⇒ 1993 : un accord historique à Washington entre Yitzhak Rabin et Yasser Arafat, sous l’égide de Bill Clinton.
➪ VOIR : le documentaire de la chaîne américaine PBS Netanyahu at war (2016), dont nous utilisons l'extrait sur les accord d'Oslo et leur échec après l'assassinat de Rabin le 4 novembre 1995. [Durée totale du documentaire : 1h54]
mercredi 7 janvier 2026
❑ Quels sont les éléments de la paix d’Oslo ?
- une solution à deux États.
- L’OLP n’a plus l’objectif de détruire Israël (on envisage une reconnaissance mutuelle).
- ce qui est envisagé est un État palestinien démilitarisé.
- Jérusalem aurait un statut spécial avec deux villes administrées séparément, un conseil commun. Les lieux saints seraient administrés conjointement. Les capitales seraient Yerushalaim pour Israël, Al Quds pour la Palestine.
- la Palestine serait composée de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, avec un droit de passage entre les deux. Israël aurait gardé certaines colonies contiguës à son territoire (4% de la Cisjordanie).
- un projet de concertation pour partager l’eau du Jourdain et de ses affluents.
⇒ Un programme audacieux, qui demandait bcp de prudence : la partie palestinienne aurait renoncé au droit au retour (une exigence fondamentale jusque-là, et rétablie après l’échec d’Oslo), inacceptable pour Israël. En fait, on prévoyait un processus de paix, pour se donner le temps de résoudre les difficultés. Oslo a créé l’Autorité palestinienne, avec Ramallah pour capitale provisoire, et un gvt fondé sur l’OLP dont la composante ppale est le Fatah de Yasser Arafat (jusqu’en 2004) et Mahmoud Abbas.
❑ Le 1er coup porté au processus de paix est l’assassinat de Rabin par un extrémiste israélien le 4 novembre 1995. Rabin, ancien général, homme de guerre, intransigeant, mais finalement convaincu d’échanger « les territoires contre la paix ».
❑ L’échec du processus de paix :
- l’émergence du Hamas, dont les attentats après la mort de Rabin favorisent le Likoud de B. Netanyahou.
- Celui-ci gagne les élections et enterre le processus de paix. Oslo n’est pas dénoncé, mais la politique de cloisonnement des territoires (checkpoints), de colonisation est amplifiée.
- Le PM israélien Ariel Sharon décide en 2003 d’évacuer Gaza, en démantelant les quelques colonies qui s’y trouvaient. Le but est de diviser les Palestiniens. Dès 2006, le Hamas arrive au pouvoir à Gaza. L’Autorité palestinienne est affaiblie.
- Israël fonde sa sécurité sur la force, grâce aux armements américains. Il développe même un système antimissile (« Dôme de fer »).
- L’Iran exerce une pression sur Israël via le Hezbollah, le Hamas et son programme nucléaire.
- Israël essaie de devenir une puissance proche-orientale comme les autres en se rapprochant d’États arabes : c’est le sens des accords d’Abraham de 2020 (avec Trump et Netanyahou), où Israël nous des relations avec les Émirats arabes unis, le Maroc, le Soudan et Bahrein. La question palestinienne est laissée de côté. Le but est un rapprochement israélo-saoudien, conforme aux intérêts américains. Israël aide l’Arabie saoudite contre les houthis chiites du Yemen, soutenus par l’Iran.
- Les massacres du 7 octobre 2023 sont la réponse du Hamas aux accords d’Abraham. Les représailles israéliennes ont été terribles. Gaza est dévasté, mais le Hezbollah aussi a été désarmé (son commandement décimé), le Hamas également décapité, et pour finir l’Iran a été frappé en juin 2025. L’Iran ne semble pas en situation de réarmer le Hezbollah ou le Hamas. C’est donc la logique de guerre qui prévaut, avec une détérioration considérable de l’image d’Israël.
vendredi 9 janvier 2026
Les deux guerres du Golfe (1991 et 2003) et leurs prolongements : d’une guerre interétatique à un conflit asymétrique.
La Première guerre du Golfe (1991)
❑ Pourquoi ces guerres ? 1988 : fin de la guerre Iran-Irak (1980-1988 ; 500 000 morts). Août 1990, Saddam Hussein, le dictateur irakien, ruiné, occupe le petit émirat pétrolier du Koweit pour restaurer ses finances et son prestige. L’annexion du Koweit double les réserves de pétrole de l’Irak (de 10 à 20% des réserves mondiales exploitables).
❑ Saddam espère l’impunité : août 1990, c’est entre la chute du mur de Berlin (9 nov. 1989) et la réunification allemande (3 oct. 1990). Les E-U et l’URSS ont bcp à faire, surtout en Europe. La rue arabe était pour Saddam Hussein, dictateur baathiste « laïc », et contre les monarchies pétrolières.
❑ Les monarchies pétrolières, Arabie Saoudite en tête, sont effrayées. Les E-U sont défiés. S’ils tolèrent l’annexion, c’est le système de l’ONU qui est remis en question, et à travers lui le leadership américain et le « nouvel ordre mondial » auquel George Bush (1989-1993) veut donner forme. On fait alors la comparaison en Occident entre la situation du Golfe et Munich en 1938 (Saddam Hussein devient donc le nouvel Hitler, une « reductio ad Hitlerum »). La comparaison a permis de vendre la guerre contre l’Irak aux opinions publiques, pour la présenter comme une « guerre juste ».
⇒ un consensus à l’ONU pour exiger l’évacuation du Koweit par l’Irak. L’URSS s’aligne sur Washington, la Chine ne s’oppose pas (elle avait ses propres problèmes intérieurs après le « printemps de Pékin » de juin 89, et ses intérêts économiques). Le CSONU est donc unanime et pose un ultimatum à l’Irak.
❑ Les E-U forment une coalition avec leurs alliés de l’OTAN et des pays arabes (Israël étant laissé de côté), et déploient leur armée en Arabie Saoudite (opération Desert shield). 500 000 hommes sont réunis, plusieurs milliers d’avions et hélicoptères, la moitié de l’US Navy. La propagande américaine fait de l’armée irakienne « la quatrière armée du monde»). Saddam avait une armée organisée à la soviétique, une armée dont le modèle était l’Armée rouge de Staline pdt la 2e GM. L’armée américaine était à la pointe du progrès, avec un slogan de « guerre zéro mort »).
- Saddam ne cède pas et l’attaque est dévastatrice : les Irakiens qui occupent le Koweit sont décimés (100 000 morts).
- Donc une victoire triomphale des Américains, mais George Bush respecte le mandat de l’ONU. L’Irak n’est pas conquis. Saddam Hussein reste en place. Il doit renoncer à acquérir des armes de destruction massive. En conclusion : une guerre interétatique, limitée par l’objectif politique.
La 2e guerre du Golfe (2003)
❑ 2000 : élection de George W. Bush, fils du précédent, ds des conditions particulièrement serrées. Le nouveau président veut abattre Saddam Hussein pour remodeler le PMO. Le Onze-septembre lui offre l’occasion d’amalgamer les islamistes et le régime irakien (ce qui était abusif).
⇒ une crise en 2002 : la GB (Tony Blair) suit les E-U. En Europe, les anciens pays communistes (Pologne, Rép. Tchèque) suivent aussi Washington : ils venaient de rejoindre l’OTAN.
Mais la F de Chirac est contre, avec la menace implicite mais évidente d’un veto au CSONU. Russie et Chine sont aussi opposées (mais n’envisagent pas le veto). L’Allemagne du chancelier Schröder est d’accord avec Chirac (mais n’étant pas membre permanent du CSONU, elle est moins exposée à l’irritation des E-U).
lundi 12 janvier 2026
❑ Dominique de Villepin, ministre des Affaires étrangères, présente la position française ds un discours au CSONU : l’Irak n’a peut-être pas d’armes de destruction massive, la guerre n’est pas une solution, il faut construire la paix par des efforts diplomatiques. La F est alors populaire ds le monde en raison de ses positions pacifiques.
❑ En 2003, les E-U envahissent l’Irak en quelques semaines. C’est une victoire foudroyante, suivie de l’occupation du pays. Et c’est là que mes choses se gâtent.

Le ministre des affaires étrangères de la France Dominique de Villepin et le Secrétaire général de l'ONU Kofi Annan lors de la réunion du Conseil de sécurité le 14 février 2003.
➪ VOIR : le discours de Dominique de Villepin au Conseil de sécurité de l'ONU contre la guerre en irak (février 2003).
➪ VOIR : le documentaire de la chaîne américaine PBS "Losing Iraq."
➪ Les divergences franco-américaines autour de la guerre en Irak. Les points de vue de Jacques Chirac et du secrétaire d'État américain Colin Powell en 2004. Les États-Unis veulent alors un monde unipolaire.
- Très vite, des pillages commencent, alors que les Américains annoncent leur intention de retirer leurs troupes.
- Le « proconsul » choisi par Bush, Paul Bremer, ignore la réalité communautaire de l’Irak (sunnites, chiites et Kurdes), et prend des décisions risquées, comme le licenciement de l’armée irakienne. Celle-ci passe immédiatement à la clandestinité et à la résistance ⇒ une guérilla, compliquée par les heurts intercommunautaires. C’est donc aussi une guerre civile. Le niveau de violence augmente. Ex : la bataille de Fallujah (2004) où les Marines dévastent une ville en représailles à l’assassinat de quatre contractuels américains.
⇒ le prolongement de la guerre jusqu’à la fin de la présidence Bush et au-delà. - En 2007, un nouveau commandant américain, le général Petraeus, obtient quelques progrès grâce à 30 000 hommes supplémentaires (“the surge”) et surtout à une politique d’enrôlement d’anciens militaires irakiens.
- Obama, élu en 2008, veut sortir du conflit. En 2011, il retire les troupes américaines, mais l’Irak reste plongé dans le chaos, avec un gvt chiite contesté, légué par l’administration Bush.
- C’est dans ce contexte que Daesh naît en 2014 ds le nord de l’Irak. On peut donc dire que l’invasion de 2003 a entraîné la naissance de « l’État islamique ».