L'ISS (International Space Station) avec la navette spatiale Endeavour, dont c'était le dernier vol, à une altitude d'environ 350 km. Photo prise le 24 mai 2011 par le spationaute italien Paolo Nespoli, de l'Agence spatiale européenne (ESA) lors de l'expédition 27 depuis Soyouz TMA-20, alors qu'il quittait la station spatiale internationale. © ESA/NASA.

 

Terminales géopolitiques

Thème 1 – De nouveaux espaces de conquête

 

mercredi 8 avril 2026

Axe 2 | Enjeux diplomatiques et coopérations.

 

A. La station spatiale internationale (ISS).

❑ Un projet qui remonte aux années 1980 : la navette spatiale rend alors possible l’assemblage d’une station orbitale plus grande que les précédentes (1986 : les Soviétiques avaient mis en orbite la station Mir, qui a duré jusqu’en 1996).

❑ La construction commence en 1993 (après la fin de la GF), avec une participation russe, japonaise et européenne à côté des Américains et Canadiens. Une exception : les E-U tiennent la Chine à l’écart, pour lui interdire l’accès aux technologies les plus avancées.

❑ La station est opérationnelle à partir de 1998. C’est la ppale réalisation dans l’espace en matière de coopération. Malgré les tensions internationales des années 2020 (principalement le conflit russo-ukrainien), l’ISS a été maintenue et même prolongée jusqu’aux années 2030. C’est donc un symbole fort de la possibilité d’une paix à l’échelle mondiale.

❑ Il existe, même si c’est moins connu, d’autres formes de coopération spatiale. Par exemple le projet SVOM d’observation du rayonnement cosmique est franco-chinois. La sonde française a été lancée par une fusée chinoise. C’est aussi un outil diplomatique : la F peut entreprendre des projets sans passer par les Améric ains (voire sans ses partenaires européens). C’est une initiative bilatérale, qui peut revendiquer une portée universelle : le progrès scientifique de l’humanité.

Un Français dans l’espace : Thomas Pesquet.

vendredi 10 avril 2026

➪ exemple de sujet sur l'espace et les océans, axes 1 et 2, avec le corrigé (nous y reviendrons après les vacances de printemps).

 

REVOIR l'émission de Public Sénat « Un monde, un regard » du 18 mars 2022. Rebecca Fitoussi recevait Thomas Pesquet. [31'09"]

B. Rivalités et coopérations dans le partage, l'exploitation et la préservation des ressources des mers et des océans.

❑ Les océans ont longtemps été un espace où la souveraineté des États ne s’exerçait pas. En même temps, le contrôle des flux maritimes, des détroits, a tjs été un enjeu majeur. Par exemple, la guerre de Troie était liée à la gêne que cette cité causait aux cités grecques en contrôlant l’accès à la Mer Noire.

❑ En 1982, les accords de Montego Bay mettent en place la CNUDM (Convention des Nations Unies pour le Droit de la Mer) : la CNUDM garantit la liberté de circulation sur mer, définit des limites pour les eaux territoriales et les zones économiques exclusives (ZEE), respectivement jusqu’à 12 milles et 200 milles des côtes.

❑ Plusieurs difficultés :

⇒ ils peuvent recourir au droit international, en l’occurrence le tribunal arbitral de La Haye, qui a condamné la Chine après une plainte des Philippines en 2016. La Chine a déclaré le tribunal incompétent. Le droit est le recours des faibles confrontés aux forts.

L’autre solution est de s’allier aux E-U : les Philippines ont resserré leur alliance avec Washington, le Vietnam a opéré un rapprochement, avec la visite d’un porte-avion américain pour la 1re fois depuis la guerre du Vietnam.

lundi 27 avril 2026

La page de Géoconfluences (ENS Lyon) sur la CNUDM / Montego Bay.
 
La défense paradoxale de la CNUDM sur le site du Council on Foreign relations (États-Unis, en anglais).

 

Arvid Pardo, représentant permanent de Malte à l'ONU de 1965 à 1971, prononça le 1er novembre 1967 un discours devant l'Assemblée générale de l'ONU, où il présentait la haute mer comme le patrimoine commun de l'humanité. Il est aujourd'hui considéré comme le père de la CNUDM (la « Zone » ou haute mer est qualifiée de « patrimoine commun de l'humanité dans la convention de Montego Bay), mais aussi bien comme le premier inspirateur de la BBNJ. A droite, le buste d'Arvid Pardo à l'Université de Malte à La Valette. Le premier site marin classé au patrimoine mondial de l'UNESCO a été la grande barrière de corail australienne en 1981. Voyez le texte du discours, (traduction partielle en français ) et le texte en anglais sur le site de l'ONU.

❑ Un exemple de coopération internationale pour étendre le droit de la mer : le traité BBNJ (Marine Biodiversity of Areas Beyond National Jurisdiction ), en français traité international pour la protection de la haute mer et de la biodiversité marine, signé le 20 septembre 2023 à New York, siège de l'ONU. Sur le site du ministère de la Mer. Le traité BBNJ avait été préparé par le One Ocean World Summit qui s'était tenu à Brest du 9 au 11 février 2022.

❑ L'océanographie française : l'IFREMER, l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer. L'IFREMER a été créé en 1984 à la suite d'une autre structure, le CNEXO (pour Centre national d'exploitation des océans), lui-même créé en 1967. L'IFREMER, dédié à l'océanographie, recouvre aussi des enjeux géopolitiques, par exemple à travers le projet EXTRAPLAC qui vise à gagner 1,5 millions de km2 de ZEE par extension au plateau continental (voir page 4 du document du Musée de la Mer indiqué ci-dessous). Avec une ZEE de 10,2 millions de km2, dont plus de 4 millions en Polynésie française, la France a la 2e ZEE du monde derrière les États-Unis. Les extensions de plateau continental en vigueur font déjà augmenter la ZEE française de 725 000 km2, plus que la superficie de la France métropolitaine (551 865 km2). Le SHOM, Service hydrographique de la Marine, qui dépend du ministère des armées, est aussi partie prenante au projet EXTRAPLAC.

 

LIRE : Les notions-clés du droit de la mer et de la préservation des espaces maritimes à travers un document du Musée de la Mer. La version commentée en classe peut être consultée ici. Voir en particulier les points soulignés aux pages 1,4,5, 7, 8 et 12.